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Hiver 2013, volume 11, numéro 1


Retour sur le lancement du premier « Baromètre de l’approvisionnement responsable » au Québec par l’ECPAR

par Hélène Olland, coordinatrice de l’Espace québécois de concertation sur les pratiques d’approvisionnement responsable (ECPAR)

 


 


Lancement du Baromètre de l’approvisionnement responsable – Québec 2012
C’était à la Maison du développement durable qu’a eu lieu le 11 décembre dernier le lancement du premier baromètre québécois de l’approvisionnement responsable.
Intitulé « Baromètre de l’approvisionnement responsable – édition Québec 2012 », ce projet a été mené par l’Espace québécois de concertation sur les pratiques d’approvisionnement responsable (ECPAR) en collaboration avec l’École des sciences de la gestion (ESG UQAM) et l’Observatoire de la consommation responsable (OCR).
De nombreuses organisations avaient fait le déplacement pour venir assister au lancement qui a eu lieu en présence de Steven Guilbaut, cofondateur et directeur général adjoint d’Équiterre, d’Olivier Menuet, directeur achats durables de la SNCF, d’Anne-Marie Saulnier, directrice de l’ECPAR, et moi-même, Hélène Olland, à l’époque chercheuse et responsable du Baromètre à l’ESG UQAM.

Qu’est-ce que l’approvisionnement responsable ?
Tout d’abord, il semble primordial de définir ce que l’on entend par « approvisionnement responsable ».
Actuellement, il existe différentes expressions pour dénommer ce concept. Qu’il s’agisse d’ « achats durables », d’ « achats responsables », d’ « approvisionnement durable » ou d’ « approvisionnement responsable », chacun de ces termes fait référence à l’introduction du développement durable et de la responsabilité sociale dans la fonction achat/approvisionnement des organisations.
Concrètement, l’approvisionnement responsable concerne les achats des organisations, tant des entreprises que des organismes publics. Il vise à ce que de nouveaux critères environnementaux et sociaux s’ajoutent aux critères traditionnels d’achat que représentent le coût, la disponibilité et la qualité. L’objectif est de diminuer les impacts environnementaux et de maximiser les bénéfices sociaux d’un produit ou d’un service à chaque étape de son cycle de vie, et ce de l’extraction des matières premières jusqu’à son traitement en fin de vie. Il s’agit d’une démarche holistique qui permet de renforcer la durabilité économique des organisations et celle de leurs parties prenantes.

Pourquoi un baromètre de l’approvisionnement responsable au Québec ?
L’approvisionnement responsable s’est récemment imposé au Québec comme un outil incontournable dans la mise en œuvre du développement durable. Ce sont notamment les consultations publiques menées par le gouvernement provincial dans le cadre de son projet de loi sur le développement durable qui ont fait émerger la problématique de l’approvisionnement responsable au Québec. L’application de la loi québécoise sur le développement durable, via la stratégie gouvernementale de développement durable, oblige ainsi depuis 2007 chaque ministère et organisme public à se doter d’un plan d’action intégrant des objectifs de consommation et de production responsable. En plus du cadre légal, la société québécoise a également joué son rôle dans l’émergence des enjeux se rattachant aux achats responsables. Cet engagement a pris plusieurs formes, telles que des pressions visant des produits spécifiques comme le bois ou la pêche, ou encore la promotion de secteurs spécifiques de notre économie, avec les entreprises d’économie sociale par exemple. La Coalition québécoise contre les ateliers misères (CQCAM) a également publié à trois reprises des rapports visant à évaluer la transparence des organisations en la matière. Ces initiatives témoignent bien de l’importance que prend l’approvisionnement responsable au Québec et de son intérêt de l’intégrer aux pratiques d’affaires de nos organisations. Or, il n’existait jusque là aucune étude scientifique mesurant de manière objective l’état de la situation au Québec. Le « Baromètre de l’approvisionnement responsable – édition Québec 2012 » permet de pallier à ce manque en offrant une première mesure objective du niveau d’intégration du développement durable dans la fonction achats des organisations québécoises. Finalement, il faut noter les deux principaux objectifs de ce « Baromètre de l’approvisionnement responsable – édition Québec 2012 » :
 Premièrement, il vise à placer l’approvisionnement responsable à l’ordre du jour au Québec. En effet, il est important que la population québécoise soit informée, qu’en plus des efforts des citoyens qui visent à consommer de façon plus responsable, les organisations québécoises adhérent également à cet enjeu en s’approvisionnant elles aussi de façon plus responsable.
 Deuxièmement, il contribue à procurer aux parties prenantes une mesure objective de l’état de la situation en matière d’approvisionnement responsable au Québec. Cette étude doit être reconduite au Québec tous les deux ans afin de suivre l’évolution des tendances observées dans cette étude.

Comment a-t-il été réalisé ?
Le « Baromètre de l’approvisionnement responsable – édition Québec 2012 » est un projet de l’ECPAR, proposé par Anne-Marie Saulnier, directrice de l’ECPAR, et Olivier Menuet, cofondateur du « Baromètre européen des achats durables » développé pour le compte de HEC Paris. L’étude a été réalisée par moi-même, à l’époque étudiante en 2e cycle en gestion et responsabilité sociale (RS) à l’ESG UQAM, sous la direction de Corinne Gendron, professeure et titulaire de la Chaire de responsabilité sociale et de développement durable à l’ESG UQAM, en collaboration avec Fabien Durif, professeur à l’ESG UQAM et fondateur du « Baromètre de la consommation responsable du Québec ».
Pour cette première version du « Baromètre de l’approvisionnement responsable – édition Québec 2012 », seules les plus importantes organisations québécoises ont été sollicitées, soient 323 organisations privées et publiques. Au total, 61 organisations (23 organisations publiques et 38 entreprises) ont accepté de participer à cette étude, soit un taux de réponse global de 19 % (44 % pour le secteur public et 14 % pour le secteur privé). Il faut toutefois noter que le nombre de répondants ne permet pas au niveau statistique de déterminer des tendances qui puissent être généralisées. Il s’agit de résultats préliminaires qui doivent être confirmés dans les prochaines éditions du baromètre.

Quelles conclusions en tirer ?
Cette étude se divise en trois sections, la première vise à situer de façon globale les organisations québécoises en matière d’approvisionnement responsable, la deuxième présente les changements réalisés en ce sens par les organisations, et la troisième insiste davantage sur deux concepts clés de l’approvisionnement responsable, l’approche produits/services et l’approche fournisseurs.

Où en sont les organisations québécoises en matière d’approvisionnement responsable ?
- 82 % des organisations jugent l’approvisionnement responsable critique ou important ;
- Les valeurs morales, l’image de marque et la conformité réglementaire sont les trois principaux moteurs ;
- Les coûts générés pour l’organisation, les objectifs contradictoires (la recherche du plus bas prix versus les critères de développement durable) et le manque d’informations sur les fournisseurs et produits/services éco-responsables sont les trois principaux freins ;
- 66 % des organisations intègrent des critères de développement durable à leurs pratiques d’approvisionnement ;
- 58 % des organisations qui pratiquent l’AR le font depuis plus de 3 ans.

Quels sont les changements réalisés pour mettre en œuvre une démarche d’approvisionnement responsable ?
- 2 organisations sur 3 qui pratiquent l’AR ont formalisé leur démarche via un code de conduite, une politique en AR, ou un plan d’action en AR ;
- Plus de 50 % des organisations qui pratiquent l’AR ont recours à des pratiques applicables aux produits (analyse du cycle de vie, certifications, etc.), aux services, aux fournisseurs, à la formation ou à la sensibilisation des acheteurs et à l’analyse de leurs propres pratiques d’approvisionnement ;
- 37,5 % des organisations qui pratiquent l’AR pilotent leur démarche à partir du seul service des achats ;
- 1 organisation sur 2 qui pratique l’AR ne dispose pas d’indicateurs de performance.

Quels sont les approches et les outils utilisés ?
« APPROCHE PRODUITS/SERVICES : Vise la sélection des produits/services offrant la meilleure performance environnementale ou sociale, tout au long de leur cycle de vie, ou aux étapes de vie présentant les enjeux les plus significatifs ».
- Les produits/services visés par les démarches d’AR : cartouches d’encre, éclairage et luminaires, mobiliers de bureau, ordinateurs, papier hygiénique, papier d’impression, produits d’entretien, et services de nettoyage et d’entretien.
- Les produits/services non visés par les démarche d’AR : boissons, cellulaires et assistants numériques personnels, électronique de bureau, équipements vidéo, produits alimentaires, services d’hébergement, services de restauration, et transport pour déplacement professionnel.
- Les certifications produits/services les plus utilisées : Ecologo, Energy star et FSC.

« APPROCHE FOURNISSEURS : Consiste à mobiliser, et le cas échéant sélectionner, les fournisseurs en vue d’une maîtrise graduelle des enjeux du développement durable à leur secteur ».
- Les deux principales pratiques applicables aux fournisseurs : recours aux certifications sociales ou environnementales et insertion de spécifications sociales ou environnementales dans les contrats, les appels d’offre ou les cahiers de charge.
- Les certifications produits/services les plus utilisées : ISO 14001, ISO 9001 et FSC.

Pour conclure, il est important de retenir de ce premier baromètre que :
- 82 % des organisations québécoises jugent l’approvisionnement responsable critique ou important ;
- Amorcé depuis plus de trois ans, l’approvisionnement responsable est pratiqué par 66 % des organisations québécoises ;
- Les valeurs morales, l’image de marque et la conformité réglementaire sont les trois principaux moteurs qui poussent à l’action ;
- Les critères environnementaux ne sont pas la priorité.

À propos de l’Espace québécois de concertation sur les pratiques d’approvisionnement responsable (ECPAR) :
L’ECPAR, qui regroupe à la fois des entreprises privées et publiques, des organismes publics, des ONG, des universitaires et des groupes de conseils, a pour objectif de mobiliser les grands donneurs d’ordre du Québec et leurs parties prenantes en vue d’intégrer la perspective du développement durable aux chaines d’approvisionnement. Son mandat vise à optimiser les efforts de ses membres en vue de diffuser et mettre en œuvre les meilleures pratiques en matière d’approvisionnement responsable. Pour l'année 2012-2013, six comités développeront des outils permettant de répondre aux besoins des membres soit un comité « Achat local », « Économie sociale », « Fiches techniques », « Fournisseurs », « Performance et mise en œuvre » et « Principes d’approvisionnement responsable.
Finalement, la réalisation du baromètre en tant que stage de fin d’étude de second cycle à l’ESG UQAM, m’a permis d’intégrer l’ECPAR en tant que coordinatrice. Pour moi, il s’agit d’une belle opportunité de mettre à profit les connaissances acquises en développement durable et en approvisionnement responsable pour le compte d’une organisation multipartite.


Pour plus d’informations, l’ECPAR vous invite à consulter directement le rapport du « Baromètre de l’approvisionnement responsable – édition Québec 2012 » sur son site web. Pour toute question supplémentaire, n’hésitez pas à nous contacter à l’adresse suivante : helene.olland@ecpar.org