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Bulletin Oeconomia Humana

Hiver 2014, volume 12, numéro 1


L’Alliance SWITCH relève le défi : gens d’affaires et environnementalistes virent au vert!

Par Marie-Soleil L'Allier, candidate à la maîtrise en sciences de l'environnement à L'UQAM.

 


 

Le 24 février dernier, l’Alliance SWITCH1  organisait une journée d’ateliers sur le thème de l’économie verte. Réunissant autour d’une même table gens d’affaires, environnementalistes, représentants du gouvernement et de la société civile, cette journée visait à créer un espace de dialogue où chacun était invité à laisser tomber ses méfiances habituelles afin de travailler ensemble sur ce qui les unis.

Le défi était de taille. Comme l’explique Karel Mayrand, directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki et coprésident de l’évènement, il est souvent facile de rester campé sur ses positions, et force est de constater qu’une polarisation importante devient souvent paralysante. Cette journée proposait donc aux participants de réduire cette polarisation en bâtissant sur ce qu’ils avaient de commun, c’est-à-dire leur volonté d’accélérer la transition du Québec vers une économie verte. Tel que le précisait Steven Guilbeault, cofondateur et directeur principal chez Équiterre, « on a des perspectives différentes, mais on souhaite tous le meilleur pour notre société. Le temps presse, on doit changer rapidement les secteurs du transport, du bâtiment et de l’alimentation, et ce ne sont pas les écolos qui vont le faire. Ce sont les entreprises. » Cela mettait la table pour une discussion sous le signe de la collaboration.

La journée, divisée en cinq ateliers, permettait d’aborder diverses thématiques de l’économie verte : les marchés publics, les emplois verts, les innovations sociales, les leviers financiers et l’écofiscalité. Chaque atelier était organisé en table ronde et présentait une ou deux propositions qui étaient soumises à la discussion. L’objectif étant de modifier et d’améliorer ces propositions afin d’en dégager une version améliorée.

Les organisateurs avaient fait le pari de faire converger les intérêts des différentes parties prenantes et de passer à l’action. Selon eux, le pari fut relevé avec succès. En effet, SWITCH faisait paraître dès le lendemain un communiqué de pressedans lequel il présentait les différentes propositions ayant fait consensus.

Ainsi, représentants d’affaires et environnementalistes proposent :

  • le développement de l’expertise du Québec en matière d’écofiscalité, en vue d’une réforme fiscale générale; 
  • des modifications aux mécanismes d’appels d’offres publics afin de les rendre plus performants aux plans économique et environnemental;
  • la tenue d’une campagne de promotion de la formation et des emplois verts;
  • la création d’un réseau d’accélération de la croissance des entreprises du secteur des technologies propres;
  • la poursuite du crédit d’impôt à la R&D pour l’étendre à la commercialisation et 
  • la tenue régulière de Forums des leaders de l’économie et de l’environnement.


Pour plusieurs, cette journée a représenté une initiative novatrice et inédite. C’était la première fois qu’on voyait autant d’acteurs de différents horizons rassemblés autour de la question de l’économie verte, la première fois qu’on ressentait une réelle volonté de collaboration de part et d’autre. Au cours de la plénière de fin de journée, plusieurs participants ont souligné que cette journée de dialogue les avait fait cheminer dans leur réflexion et avait même changé leur de point de vue sur certaines questions.

Pour résoudre la complexité et l’envergure des problèmes environnementaux, économiques et sociaux dont nous commençons à ressentir les effets, il nous faut impérativement apprendre à travailler en ensemble. S’il est impossible d’être en accord sur tous les points, il est cependant de notre devoir de co-construire des solutions sur nos objectifs communs; et l’initiative de SWITCH est un très bon point de départ. Le seul bémol, selon moi, concerne la faible représentation de participants et d’initiatives provenant de la société civile (au delà des grandes organisations bien connues). En effet, il ne faudrait surtout pas sous-estimer la puissance de changement dont la société civile a su faire preuve dans plusieurs pays d’Europe, et par conséquent la capacité mobilisatrice et innovatrice qu’elle peut fournir à la transition du Québec.


Note 1: « SWITCH, l’Alliance pour une économie verte au Québec, souhaite accélérer le virage vers une économie verte afin de contribuer à une société québécoise innovante, résiliente, concurrentielle qui réconcilie équité sociale, environnement et qualité de vie. » (Source : http://allianceswitch.ca);
Note 2: http://allianceswitch.ca/gens-daffaires-et-environnementalistes-font-consensus-pour-faire-avancer-le-quebec/